Cabinet de Psychothérapie et de Coaching à Auvers-sur-Oise (95)

Le diagnostic permet de s'extraire de la relation

L’abus de diagnostic nuit gravement au sujet humain

Prends ton cachet, ça ira mieux

« Bidule est hyperactif, il est sous Ritaline ; machine est sous Risperdal, ça la calme, ses parents ne supportaient plus.
– Ah bon, tant mieux alors, la psychothérapie va leur faire du bien.
– Quelle psychothérapie ?
– Comment ça ? Ils ne sont pas en thérapie ? Ah ! Tu veux dire que leurs parents sont allés en thérapie pour voir comment traiter le problème eux-mêmes ? Chouette, belle démarche.
– Ah ben non, les parents non plus.
– Ben… Mais… les soins pour les enfants, ça consiste en quoi alors ?
– Je te l’ai dit : Ritaline et Risperdal.
… »

Il n’a pas pris son risperdal (Image par Couleur de Pixabay)

Je crois que je ne m’y ferai pas. Une année d’incursion en milieu psychiatrique infanto juvénile n’aura pas suffi à m’apaiser sur ce plan. La médicalisation de l’existence semble inexorable et lorsque je me retrouve pris dans des dialogues de sourd comme celui-ci, je suis en rogne. Je ne parviens pas à faire autrement. En outre, je sais que cette rogne – comme c’est souvent le cas – vient me protéger contre un chagrin intense et profond. (Et ça marche dans les deux sens, l’effondrement dans les larmes protège très bien de la colère. Mais on s’éloigne du sujet.)

Auto-diagnostic, que suis-je ?

Bref, quand j’entends autour de moi les diagnostics portés sur la base d’un ou deux symptômes, ainsi que les incontournables traitements associés, ça me déprime. Ou bien parfois, comme aujourd’hui, ça me met en colère et j’ai envie de m’agiter dans tous les sens. En fait, j’oscille entre les deux. Pas de doute, je dois être bipolaire.

l'abus de diagnostic nuit gravement à la relation thérapeutique

Et puis, parfois j’ai besoin de m’isoler. J’ai envie d’être seul, je sens que je ne suis pas disponible pour les relations. Dans ces moments-là, j’ai peu ou pas d’empathie. Et mince, je dois être autiste. Comme en plus j’ai tendance à réfléchir et à rationnaliser dans ces moments-là, je dois être Asperger. Bien ma veine. Ou bien suis-je simplement un surdoué/haut potentiel/zèbre ?

Bon, passons. Il faut aussi que je vous confie qu’il m’arrive fréquemment de passer d’une idée à une autre, d’avoir des rêveries. J’aime bien à l’occasion être dans mon monde. Purée, il se pourrait qu’en plus je sois schizophrène.

Et puis quand je suis fatigué parfois, je m’agite, je bricole, je fais du sport et mille autres choses jusqu’à être finalement épuisé. Y a-t-il un âge limite pour le TDAH ? Vite, apportez-moi de la Ritaline !

Je ne vous ai pas tout dit. Hier encore, j’avais le nom d’un film sur le bout de la langue, vous connaissez certainement cette sensation, je voulais m’en souvenir. Ni une ni deux, j’ai craqué et saisi mon Smartphone pour demander son aide à Google. Tolérance à la frustration zéro. Ça signe la pathologie-limite à tous les coups. Je suis borderline, je le savais.

Et puis il y a ce type qui m’a demandé un service auquel je n’ai pas su dire non. Ca sent la manipulation à plein nez. Probablement un pervers narcissique celui-là.

D’ailleurs, le fait que je me pose autant de questions à son sujet m’amène à une autre conclusion, je suis forcément guetté par la paranoïa. Et ne riez pas, ça n’a rien de drôle !

l'abus de diagnostic nuit gravement à la relation thérapeutique

Avec tout ça, j’allais partir de chez moi et paf ! Il a fallu que je revienne sur mes pas, je n’étais pas certain d’avoir fermé la porte à clé. Il ne manquait plus que ça, j’ai des TOC.

Avoir avoir vérifié tout ça une nouvelle fois sur Google grâce à son outil diagnostic, j’en suis finalement arrivé à une conclusion différente.

J’ai peut-être simplement besoin de vacances.

 

Pour aller plus loin

  • Patrick Landman, incontournable sur la question du diagnostic et de la collusion entre les manuels type DSM et l’industrie pharmaceutique. Sur la question du diagnostic, cette conférence est très intéressante, notamment entre la dixième et la trentième minute.
  • Le collectif des 39
  • Stop DSM

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Pascal Aubrit, psychothérapie relationnelle et coaching à Auvers-sur-Oise (95)

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  1. SOPHIE DOLLEANS

    Et d’abord, c’est celui qui dit qui y est. Na ! 🙂

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