Cabinet de Psychothérapie et de Coaching à Pontoise (95)

Dialogue entre un coach et un maître d'armes, deux métiers, deux postures

Le coach et le maître d’armes

Il y a 10 ans, je démarrais mon activité de consultant en coaching professionnel. Maître d’armes et coach me semblaient alors deux postures inconciliables et j’avais imaginé un triptyque d’articles ayant pour but de les faire dialoguer pour y voir plus clair. Ces articles, parus à l’époque sur le site de Médiat Coaching – mon école aujourd’hui disparue –, ne sont plus en ligne aujourd’hui. Une rapide remise à jour me permet de vous faire partager cette réflexion d’époque, dans laquelle ceux qui me lisent régulièrement trouveront sans mal les prémisses des articles qui émaillent ce blog.

épisode 1 – apprendre à perdre et à gagner

Le coach gare sa voiture sur le parking du stade, coupe le contact et se dirige vers le bâtiment indiqué sur son plan. La nuit tombe quand il longe le terrain de rugby où s’entraîne le pack de l’équipe locale, promue cette saison en top 14. En montant l’escalier de métal qui résonne sous ses pas, il entend déjà des bruits de lames qui s’entrechoquent et des petits bips stridents qui doivent être ceux des appareils de signalisation des touches.

Arrivé en haut, le coach pénètre dans la salle d’armes d’un pas hésitant. Les vitres sont couvertes d’une épaisse buée. L’atmosphère est moite, ça sent le vieux cuir et le bois mouillé. Les armes sont alignées dans les râteliers qui recouvrent les murs. Sur les quatre pistes de cette petite salle, des escrimeurs s’affrontent à coups de sabres et à grands renforts de cris intimidants. On entend leur jeu de jambes pilonner le vieux plancher lorsqu’ils attaquent et leurs postures évoquent celle d’un chat prêt à bondir.

Après un coup d’œil sur la piste la plus en retrait, le coach pense identifier enfin le maître d’armes qui se trouve en garde face à un autre escrimeur. Il est le seul à porter un épais plastron de cuir, sans doute afin de le protéger des coups de son élève qui l’attaque de bon cœur. À la fin de la leçon, élève et maître se saluent, puis se serrent la main. Le maître se dirige alors vers le coach en souriant et lui souhaite la bienvenue, tandis que la séance d’escrime se termine. Les tireurs rangent leur matériel et se dirigent vers le vestiaire, non sans avoir pris congé du maître un à un. Le coach et le maître d’armes se retrouvent seuls, au calme, et prennent place dans les deux fauteuils autour du petit bureau.

« Dites-moi, maître, pour faire simple, c’est quoi l’escrime ? demande le coach.
– C’est un sport de combat qui oppose deux escrimeurs – les tireurs – munis d’une arme, répond le maître. Il existe trois armes différentes : le fleuret, l’épée et le sabre, et chaque arme a ses propres règles en termes de surface à toucher, de manière de porter les coups et de convention. Par exemple, au fleuret on ne peut toucher que le buste alors qu’à l’épée, tout le corps est valable.
– Tout à l’heure, je vous ai vu vous saluer avec votre arme, vous et votre élève ; quelle est l’importance de ce rituel pour vous ?
– Il est essentiel. Le salut que nous pratiquons en début et fin d’assaut, et que nous adressons à l’adversaire et à l’arbitre, est une pierre angulaire du cadre de notre discipline. L’escrime moderne est issue de la guerre et du duel, hier encore on portait les armes pour tuer ! Aujourd’hui, on tue son adversaire, mais symboliquement. C’est tellement symbolique qu’il faut le tuer quinze fois pour gagner l’assaut ! Et c’est le salut qui nous permet de passer du réel au symbolique. Sans salut, un assaut ne serait qu’un combat de rue avec des épées. Quand j’ai commencé ma carrière, je faisais pratiquer le salut à mes élèves par obligation, parce que c’était la règle. Mais je ne trouvais pas de sens particulier dans ma démarche. Aujourd’hui, j’ai trouvé.
– Dites-moi si je me trompe, mais lors d’un duel, les protagonistes ne se saluaient-ils pas ? Pourtant, il s’agissait bien de réel, non ?
– Le salut a d’autres fonctions. En saluant mon adversaire, je m’engage à respecter les règles. Cela concourt à faire de l’assaut d’escrime un moment à part, en décalé, comme l’était d’ailleurs le duel, car si les lames étaient réellement affûtées, il n’en reste pas moins qu’un duel avait ses règles, son arbitre, ses témoins. Tout cela le différenciait bien du champ de bataille ou de l’embuscade dans les ruelles sombres… Cela vous laisse rêveur, mon cher coach.
– Oui, parce que je vois une analogie : une séance de coaching est également un moment à part, en décalé pour reprendre vos mots, et bordé par un cadre solide. Mais après avoir parlé du cadre, j’aimerais que nous parlions maintenant de ce qu’il y a dedans. Et plus particulièrement, j’aimerais voir comment se rapprochent ou s’opposent escrime et coaching.
– A mon tour de vous poser une question alors : y a-t-il un vainqueur en coaching ?
– Non. Ou plutôt si, quand ça se passe bien les deux gagnent.
– Et bien voilà une différence. N’oubliez jamais que le sport de compétition ne peut engendrer qu’un vainqueur et que la compétition est avant tout l’apprentissage de la défaite. Sur 50 gamins de douze ans inscrits au challenge ce dimanche, un seul gagnera et 49 vont apprendre à perdre, c’est-à-dire apprendre à mettre en relief la défaite comme moyen de progresser.
– Alors qu’en coaching, on apprend souvent au client à mettre en relief ses victoires.
– En fait, c’est la même chose. Défaite, victoire, il arrive un événement, tout dépend de ce que vous en faites ! Mais la différence, c’est que si je termine 46e, même si j’ai tiré les enseignements de ma défaite, envisagé les pistes de progrès, pris du plaisir dans le jeu, il n’en restera pas moins que j’ai perdu mon match, que j’ai été éliminé et que l’arbitre a prononcé le nom de mon adversaire suivi du mot « vainqueur ». Et ça, c’est la différence entre mon métier et le vôtre.
– Oui, dit le coach, et en vous écoutant dire ça, je me demande s’il est plus facile de tirer l’enseignement d’une expérience lorsqu’elle est appelée de facto « victoire » ou « défaite » que lorsqu’on a soi-même la charge d’en faire une victoire ou une défaite personnelle.
– Je vous propose que ce soit le mot de la fin pour aujourd’hui.
– D’accord, maître. Vivement notre prochaine séance ! »

épisode 2 l’émotion

La place des émotions dans le métier d'entraîneur ou celui de coach

Image par Gino Crescoli de Pixabay

Le coach et le maître d’armes décident de poursuivre leur conversation autour de leurs métiers respectifs. Ayant été le premier invité, le coach propose au maître de le rejoindre à son cabinet pour leur seconde entrevue. Arrivé sur place, le maître s’assied dans le fauteuil que lui présente le coach, puis il prend les devants :

« Si vous le voulez bien, coach, aujourd’hui c’est moi qui pose les questions. Notre dernier entretien m’en a inspiré quelques unes.
– Je vous en prie maître, ça me changera un peu !
– Mais avant je voulais vous dire qu’en arrivant ici, j’ai envié l’ambiance de calme dans laquelle vous travaillez. Parfois, je suis lassé des salles de sport, fatigué par les bruits des lames et les sonneries stridentes des appareils…
– C’est amusant, quand je suis venu vous voir, j’ai eu une grande impression de liberté en vous voyant exercer dans votre salle. Je vous avoue que ça m’a donné envie également. Mais commençons par vos questions.
– Oui, je me demandais : en sport, beaucoup d’entraîneurs ont une tendance à découper la performance sur trois axes : la technique, la tactique ou stratégie, et la préparation physique. Cela varie d’un modèle à l’autre, mais on revient souvent à ces trois grands thèmes. Est-ce que vous avez votre modèle de découpage du réel vous aussi ?
– De découpage du réel, non, car nous essayons de ne pas nous situer dans ce paradigme. Je pense néanmoins que nous avons quelque chose à mettre en face de votre modèle, mais ça n’engage que moi. En coaching, nous travaillons avec un navigateur à trois niveaux que sont l’émotion, l’observation et la pensée. Pour faire court, l’émotion concerne nos ressentis ; l’observation, c’est que nous voyons ou entendons – ce qui est factuel –, et la pensée, c’est ce que nous comprenons et comment nous comprenons ce qui se passe ou ce qui se dit.
– J’essaie de faire le lien avec mon rôle lorsque je suis sur le bord de la piste. J’observe ce qui se passe, par exemple la touche que vient de mettre ou de prendre le tireur que j’entraîne. J’analyse la manière dont ça s’est produit et la relation entre les deux. Par exemple, je me demande si cette action a touché parce que le tireur a réussi à mettre en place la situation propice ou si c’est l’autre qui a raté ce qu’il voulait faire.
– Et il y a toujours une réponse à cette question ?
– Non, il y a tellement d’autres critères… Non seulement il est bien souvent impossible d’évaluer la responsabilité du tireur dans sa réussite ou son échec d’un point de vue stratégique et technique, mais il faut également ajouter l’interprétation de l’arbitre, et bien sûr la chance…
– Mon directeur de recherche à l’université appelait cela la contingence.
– Nous avions le même. C’est cette contingence qui fait qu’un ballon rentrera dans les buts si les poteaux sont ronds mais rebondira parce qu’ils sont carrés, ce qui fait aussi qu’on valide un but alors qu’un joueur s’est aidé de la main, parce que l’arbitre ne peut pas tout voir.
– Parce qu’il y a la pression du public à un moment donné, sans compter les enjeux économiques… C’est très injuste, finalement, vous ne trouvez pas ?
– Cette question de la justice en sport est centrale. Une compétition totalement exempte de cette injustice serait fade, inintéressante. Lorsque vous regardez la montée de l’Alpe d’Huez, préférez-vous que le favori gagne chaque année, suivi du deuxième et du troisième au classement général ? N’avez-vous pas le désir secret qu’un coureur inconnu surgisse du peloton et mette dix minutes dans la vue de tout le monde, pendant que le maillot jaune aurait une hypoglycémie et rejoindrait l’arrivée à la limite de l’élimination, bousculant tout le classement ?
– Je ne sais pas. L’inconnu, oui, mais pourquoi souhaiter que le maillot jaune craque…
– Parce que c’est la réalité, parce qu’on ne peut pas assurer tous les jours. Les gens qui veulent expliquer le dopage en sport énoncent régulièrement l’axiome suivant : si les coureurs ne se dopaient pas, le scénario que je décris ci-dessus se produirait régulièrement, or une majorité de spectateurs veulent que les meilleurs gagnent.
– Je me demande ce que le fait de tricher a à voir avec celui de satisfaire l’envie d’autrui.
– Je dirais même l’envie supposée d’autrui ; vous semblez aimer les hypothèses ! Mais revenons à votre navigateur à trois niveaux, coach. Il y en a un dans lequel je ne me retrouve pas, c’est le niveau émotionnel. Vous pouvez m’en dire un peu plus ?
– Pendant une séance de coaching, je questionne mon ressenti et celui de mon client. Par exemple, il se peut qu’en écoutant parler mon client, je me sente en colère, et il y a peut-être une analogie entre cette colère et celle que mon client réprime lors de réunions où on lui fait tenir un rôle qu’il n’aime pas. Je vais alors le questionner et lui demander si la colère que je ressens en l’écoutant lui évoque quelque chose, une situation…
– Cela me fait penser à beaucoup de choses. D’abord à la place des émotions dans le sport, et je me dis que si on exclut celles qui sont liées à la victoire et à la défaite, autrement dit les émotions des gros titres de l’Equipe, cette place est plutôt mince. Mais surtout, je suis en train de me rendre compte que lors de certains assauts, lorsque je suis sur le bord de la piste en train de coacher mon élève, je me sens plus ou moins tendu, anxieux, voire amusé.
– Vous voulez à votre tour faire une hypothèse ?
– Volontiers ! Vous parlez d’analogie et je me demande si l’émotion que je ressens en coachant mon élève a quelque chose à voir avec la sienne, celle qu’il est en train de vivre sur la piste.
– Et vous en pensez quoi ?
– Dites, coach, c’est toujours comme ça que vous travaillez ? En faisant bosser les autres ? Vous pourriez être maître d’armes, vous savez ! Ce que j’en pense, c’est que je viens de faire une découverte et que j’entrevois déjà une manière d’enrichir la manière dont je coache mes élèves.
– Comment vous y prendriez-vous ?
– Lors d’un match d’escrime, il y a une pause d’une minute, une sorte de mi-temps, de tiers-temps selon les armes. C’est comparable à la pause entre deux rounds en boxe ; c’est très court, et en même temps c’est une éternité. C’est surtout le moment où le maître d’armes peut faire basculer le match s’il a eu une bonne lecture du jeu de l’adversaire par exemple, et qu’il donne un bon conseil technique ou tactique. Mais parfois, ça ne suffit pas. Parfois, lorsque le tireur revient au fond de la piste pour la minute, je vois tout de suite que ça n’est pas d’escrime dont il aimerait que je lui parle. Vous savez, on dirait qu’il est déboussolé, ou en colère, ou tout simplement qu’il a peur. En tout cas, il est absorbé par ses émotions, et pas en état de penser à sa technique.
– Et qu’est-ce que vous faites dans ce cas-là ?
– Je le booste. S’il a peur, je le rassure, ou au contraire je le bouscule. Bref, je travaille sur son émotion à lui. Et en vous écoutant à l’instant, je viens de réaliser que jamais je ne lui parle de mon émotion à moi. Qu’est-ce qui se passerait si au lieu de lui demander de quoi il a peur, je lui demandais pourquoi moi, son maître d’armes, j’ai peur ?
– J’aimerais être là le jour où vous poserez cette question, maître.
– Venez dimanche au gymnase, coach ! »

épisode 3 le non savoir

Poursuivant leurs échanges, le coach et le maître d’armes décident de se rencontrer cette fois en terrain neutre autour d’un café. Arrivé sur place le premier, le coach repense aux deux premiers entretiens et aux nombreux parallèles entre leurs deux métiers. Lorsque le maître d’armes le rejoint à sa table, une première question lui brûle déjà les lèvres :

« Il y a quelque chose que je veux évoquer avec vous depuis la dernière fois, c’est la place du non savoir. En coaching, nous pensons que pour aider au mieux notre client, il est préférable de ne pas tout savoir, ni tout comprendre de sa situation. D’abord parce que nous ne pouvons pas tout savoir, étant donné la variété des activités de nos clients, mais aussi et surtout parce qu’en sachant trop, nous serions tentés de donner nos solutions et de les substituer à celles du client. Or, dans son domaine, c’est bien le client qui est compétent, et la solution lui appartient au premier chef. En sport en revanche, j’ai le sentiment que l’entraîneur est un guide, ce qu’on appelle communément un meneur, celui qui connaît le chemin et qui le montre aux autres.
– C’est vrai pour une certaine catégorie d’entraîneurs dont je ne fais pas partie. Vous parlez de connaissance, de savoir, et j’entends expérience dans ce que vous dites. Personnellement, je n’ai pas l’expérience du haut niveau. Je n’ai jamais été très brillant en compétition, j’ai même arrêté d’en faire à l’âge de quinze ans. La plupart de mes élèves ont un palmarès dix fois plus étoffé que le mien.
– Mais vous transmettez bien un savoir…
– Un savoir, et un non savoir, pour reprendre vos mots. Bien sûr, j’ai une vague idée de ce qu’il faut faire pour être champion de France, et même champion olympique. J’ai appris des techniques, et puis je côtoie des champions, je les questionne. Quand l’un de mes élèves gagne un titre, je lui demande ce qu’il a ressenti, comment ça s’est passé pour lui. Je sais ce qu’est la technique, la tactique, la condition physique ; j’ai une bonne idée de la complexité des paramètres à l’œuvre dans la performance sportive de haut niveau ; je ne m’intéresse pas qu’au résultat, mais également aux processus. Cependant, il y a quelque chose que je n’ai pas et n’aurai jamais, c’est l’expérience de la victoire. Et je sais que s’il y a une chose qui ne se transmet pas, c’est l’expérience. L’expérience se vit, elle s’inscrit dans les muscles. Si je vous parle du plaisir de boire un ouzo au port de Naoussa sur l’île de Paros en Grèce, si je vous raconte les couleurs et les parfums, et tout le bonheur et le bien être que je ressens là-bas, je vous donnerai peut-être envie d’y aller, vous pourrez même en parler à d’autres personnes, mais vous ne saurez réellement ce que c’est qu’en y allant vous-même.
– Et quand bien même irais-je à Paros dans des conditions similaires, deux expériences sont-elles comparables… Ce que vous me dites en fait, c’est que vous êtes partis de la même hypothèse qu’en coaching : on peut aider l’autre à aller là où on n’a jamais mis le pied.
– Parce que je n’avais pas le choix ! Vous croyez que mes élèves seraient restés si je leur avais dit : « bien, alors, mon meilleur classement a été 6e régional et je n’ai jamais réussi à me qualifier pour les championnats de France. Comme c’est mon seuil de compétence et que je n’enseigne que ce que je sais, vous devrez vous contenter de la même chose ! Et maintenant, on trottine autour de la salle et on monte les genoux sur les largeurs, c’est parti ! »
– Mais alors, vous leur avez dit quoi ?
– Je leur ai dit – je m’en souviens très bien – que je ne savais pas du tout où nous irions, puisque je n’y étais jamais allé avant, mais que j’avais la conviction que nous pouvions y aller ensemble s’ils me faisaient confiance, parce que de mon côté, j’étais convaincu qu’ils en avaient les capacités. J’avais des ados en face de moi, on ne leur parle pas souvent comme ça. Ils m’ont suivi.
– En coaching, nous appelons ça l’alliance. En faisant ça, vous vous êtes mis dans une position de vulnérabilité, vous avez avoué votre non savoir à vos élèves, tout en leur offrant de s’approprier leur parcours.
– Avec le recul, je me demande si accompagner les autres plus loin que là où on est allé soi-même n’est pas plus facile quand on n’est pas allé bien loin.
– C’est une lapalissade, ou peut-être n’ai-je pas bien compris ce que voulez dire, maître.
– Je veux dire que pour un entraîneur, emmener l’autre plus loin signifie se faire battre par son élève. Et je pense qu’il est plus facile d’accepter de se faire battre par son élève lorsqu’on a été un tireur de niveau régional que lorsqu’on a été tireur international, voire médaillé olympique. Je connais des maîtres d’armes qui ont eu une brillante carrière en tant que tireur mais n’ont jamais formé un élève capable de leur mettre une bonne volée.
– Ça vous inspire quoi ?
– Je n’aurais pas aimé que ça m’arrive.
– Quand à moi, je pense à ce que vous venez de me dire et je me demande quel est le niveau de performance qu’un coach doit avoir atteint pour être capable d’aider ses clients, mais aussi quel est le niveau de performance qu’un coach doit avoir atteint pour former à son tour d’autres coachs. Je me demande encore ce qu’un coach peut ressentir lorsqu’il forme des coachs qui réussissent mieux ou plus vite que lui-même ne l’a fait en son temps, et qu’est-ce que veut dire « réussir » ou « performance » dans notre contexte.
– Ça ne vous fatigue jamais, toutes ces questions ?
– Non, et je pense même que ça me nourrit. De toute façon, je crains qu’il soit illusoire de commander à notre cerveau de ne pas penser !
– En effet, coach.
– Je vous propose que nous terminions là-dessus. Maintenant que nous allons reprendre nos chemins respectifs, je vais vous avouer quelque chose de pas très avouable pour un coach, je ne suis pas censé avoir une vision aussi étriquée de mon interlocuteur, mais je pensais qu’il y avait beaucoup de gourous parmi les entraîneurs…
– Je ne vous en veux pas, d’autant que vous n’aviez pas tout à fait tort. Et puis, pour tout vous dire, je pensais que les coachs étaient encore pires que les entraîneurs dans le domaine !
– Alors bonne route au coaching et à l’escrime.»

 

Image du bandeau : Harli Marten on Unsplash

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  1. SIX

    Excellente analyse introduisant les différences entre le coach et le maître d’armes, le dit et le non dit, le dialogue en coordination et le dialogue en opposition, l’escrime pratique et l’escrime symbolique…
    Les gestèmes et les praxèmes, le codé et le non codé, la gestuelle et le sensé…
    J’adore !

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