« Le coaching professionnel c’est accompagner une personne dans un moment-clef de sa vie professionnelle, dans une relation de parité indispensable pour amener le client vers l’autonomie (auto-apprentissage, auto-évaluation et auto-génération de solutions), dans un contexte précis. »
Isabelle Laplante & Nicolas De Beer, fondateurs de Médiat-Coaching.

Une tentative de définition du coaching

Je vais m’attacher sur cette page à différencier coaching et psychothérapie. Et comme on peut le lire dans la phrase ci-dessus, la différence fondamentale entre le coaching et la psychothérapie ne réside pas tant dans la posture du praticien (encore faudrait-il savoir de quel courant il se réclame) que dans un ensemble d’éléments-clés qui en constituent le cadre. Ainsi, on peut dire qu’un coaching, pour qu’il en soit bien un, se base et s’appuie sur les éléments suivants :

  • Un objectif de coaching précis, atteignable, parfois quantifiable, qui évite l’écueil du flou : « Je voudrais améliorer ma confiance en moi » et s’attache à la concrétude des choses : « je voudrais prendre cette décision et avoir mené telle et telle action d’ici trois mois. » L’objectif sera le plus souvent assorti de critères de réussite qui aideront à valider son atteinte ou non. Ces critères sont quantifiables, ou au moins observables. « Je considérerai que mon objectif d’entrer activement dans la recherche d’un nouveau poste sera atteint lorsque chaque semaine j’enverrai 5 candidatures, consacrerai 6 heures à la recherche sur internet et participerai à 3 heures d’ateliers ou de rendez-vous.
    Enfin, l’objectif doit être atteignable. Ce qui signifie que le coach – en partenaire du client – vérifie auprès de lui la cohérence du projet avant de s’engager.
  • Un contexte identifié et unique qui sert de toile de fond à l’objectif. Ce contexte prend racine dans le paysage professionnel, le coach et le client œuvrent à la résolution d’un problème lié au travail. Le contexte est identifié afin d’éviter l’écueil de l’errance (le problème du client se situent dans ses relations avec sa hiérarchie, mais il ne parle que de ses clients) et unique, car si le problème du client traverse l’ensemble des contextes de sa vie (c’est le syndrome du « c’est partout la même chose et depuis toujours »), alors il ne s’agit pas de coaching, mais de psychothérapie.
  • Une durée clairement définie, ainsi qu’un calendrier détaillant le nombre de séances. Prenant modèle sur les thérapies brèves, le coaching comporte un début et d’une fin. Ceci afin d’éviter les dérapages budgétaires (une entreprise s’engage sur un budget, il n’y a aucune raison pour qu’un particulier bénéficie d’un traitement différent) et l’instauration d’une relation de dépendance, bien utile à certains moments d’une psychothérapie, mais contraire à l’éthique du coach. Concrètement, un coaching individuel s’articule en moyenne sur 5 à 12 séances réparties dans une période de 2 à 6 mois. La durée des séances varie de 1h à 3h.
  • Un contrat qui décrit l’engagement du coach et de son client, et où les éléments précédemment cités apparaissent clairement : objectif, critères de réussite, durée et calendrier, ainsi que règles de fonctionnement (lieu des séances, nombre et durée des séances, modalités de paiement, délai d’annulation des séances en cas d’impondérable, …)

Même si ces éléments sont contractualisés, ils ne sont pas gravés dans le marbre pour autant et pourront être renégociés au besoin, avec l’accord des deux parties (ou trois, voire quatre, dans le cadre des contrats tripartites où le mandataire est l’employeur de la personne coachée). L’important ici serait de conserver une cohérence entre ce qui est annoncé en début d’accompagnement et ce qui se passe réellement durant le processus. Cohérence qui n’est pas en premier plan en psychothérapie où tout ce qui vient sera accueilli et traité indéfiniment. Cela ne signifie pas que le cadre n’existe pas en psychothérapie, bien au contraire, mais que certains éléments plus rigides sont nécessaires au bon déroulement d’un coaching, notamment pour éviter toute confusion avec un travail thérapeutique.

Des exemples d’interventions pertinentes en coaching individuel :

  • J’ai une grosse échéance ! Préparer un entretien, un examen, un concours, tout comme mener un projet professionnel important sont des moment où l’on peut avoir besoin d’aide afin de mieux gérer son temps, ses priorités, sa méthodologie de travail, ou ses relations avec les autres personnes impliquées ;
  • Je ne peux plus le/la supporter ! Résoudre une difficulté relationnelle avec un(e) collègue, un(e) associé(e), au sein d’une équipe, dans la hiérarchie, bref dans les domaines où l’on peut difficilement proposer à l’autre de nous accompagner en thérapie de couple ;
  • Je débarque ! Asseoir sa posture et développer ses compétences dans le cadre d’un nouveau poste, d’une nouvelle fonction, ou simplement avec l’idée d’une évolution à venir ;
  • Ça tangue, j’ai besoin de faire le point ! Accompagner un événement professionnel important ou difficile : licenciement, réorientation ; reconversion, reprise après un burnout ou tout autre événement traumatisant.

Le Coaching de groupes et d’équipes

« Le coaching, c’est l’accompagnement d’une personne ou d’une équipe. Cet accompagnement s’apparente à celui d’un entraîneur vis-à-vis d’un champion ou d’une équipe championne… Cette approche comporte à la fois une philosophie, une attitude, des comportements, des compétences et des procédures. »
Vincent Leenhardt, Les managers porteurs de sens

 

Comme la psychothérapie, le coaching décline l’accompagnement en version groupe. On y ajoutera l’équipe, ce qui est déjà différent et parle d’un groupe tourné vers un objectif commun. L’intervention du coach est alors celle d’un animateur, du miroir d’un fonctionnement groupal qu’on peut éventuellement chercher à améliorer vers davantage de cohésion, de production, ou d’autre chose. En tout cas la présence d’un coach signale l’existence d’un problème, alors que la présence d’un psychothérapeute dans un groupe ne signe rien d’autre que la présence de plusieurs personnes a priori désireuses d’aller mieux ensemble.

En conclusion

Coachs et psys se renvoient souvent la balle sur la préférence respective qu’ils entretiennent à l’égard de leur champ d’intervention, alors qu’il s’agit de deux choses différentes. Ce que les psys oublient parfois, c’est que le coaching est une excellente porte d’entrée dans le travail et la réflexion sur soi. Nombre de patients en thérapie viennent du coaching. Ce que les coachs oublient parfois, lorsqu’ils sont insuffisamment formés ou lorsqu’ils n’ont pas effectué ce travail pour eux-mêmes, c’est que le coaching ne remplace pas une thérapie. Chaque champ est utile à son endroit, pourvu qu’il ne se pense pas exclusivement bon. Quant à moi, et jusqu’à nouvel ordre, je continue à pratiquer le coaching avec plaisir !

Quelques liens sur le coaching :